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Article du journal Le Matin (suisse)Image © AFP Des médecins à diplôme étranger (hors UE) manifestent devant l'Hôtel Matignon à Paris, le 28 décembre 2005 L'intersyndicale des médecins à diplôme hors Union européenne (Inpadhue) a demandé mercredi au gouvernement d'améliorer la procédure qui leur permet d'accéder au plein exercice de leur métier dans les hôpitaux français, déplorant de nombreuses situations inextricables.AFP - le 04 mars 2009, 18h48 L'intersyndicale des médecins à diplôme hors Union européenne (Inpadhue) a demandé mercredi au gouvernement d'améliorer la procédure qui leur permet d'accéder au plein exercice de leur métier dans les hôpitaux français, déplorant de nombreuses situations inextricables. Une trentaine de médecins à diplôme hors UE ont manifesté dans l'après-midi à l'appel de l'intersyndicale devant le ministère de la Santé, où ils ont été reçus par la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins (Dhos), a constaté un journaliste de l'AFP. L'Inpadhue reproche au gouvernement de refuser ses propositions d'amélioration de la procédure d'autorisation d'exercice (PAE), un examen qui permet de reconnaître l'expérience acquise dans les hôpitaux français par des médecins à diplôme étranger. La PAE a été mise en place en 2006 pour apporter une solution à la situation des milliers de médecins diplômés hors UE et recrutés par les hôpitaux français, mais sous des statuts précaires et avec une rémunération inférieure à celle de leurs collègues hospitaliers. Evalués à près de 7.000 en 2006, ces médecins, qui ont souvent la nationalité française, ne seraient plus que "de 2 à 3.000 aujourd'hui", grâce notamment à la PAE, a estimé le président de l'Inpadhue, Talal Annani. "Mais certains ont déjà raté deux fois l'examen et ne peuvent plus le repasser et d'autres qui l'ont réussi n'ont pas été admis au mépris des textes", a déploré M. Annani. Le projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST)", actuellement examiné par les députés, propose d'augmenter de deux à trois le nombre de possibilités de passer la PAE. Mais l'Inpadhue juge la mesure insuffisante et demande par ailleurs que les médecins diplômés hors UE ayant passé en France un diplôme interuniversitaire de spécialité (DIS), n'aient pas à passer de nouveaux examens.
Le Jeudi 05 Mars 2009Poster un commentaire
Le Mercredi 04 Mars 2009Poster un commentaire
Le Mercredi 04 Mars 2009Poster un commentaire
REPORTAGELes praticiens ayant un diplôme étranger dénoncent les difficultés rencontrées pour exercer en France. Le concours obligatoire pour obtenir l'équivalence de diplôme est «exagérément» sélectif.
MARIE PIQUEMAL
Mercredi 4 mars, devant le ministère de la Santé, une vingtaine de médecins manifestaient leur colère. Des parapluies et une poignée de pancartes. Ils sont une petite vingtaine ce mercredi après-midi à protester devant le ministère de la Santé. Tous sont médecins, ils ont obtenu leur diplôme à l’étranger et souhaitent exercer leur métier en France. Tous dénoncent «l’hypocrisie » du gouvernement. «Dans les hôpitaux, il y a une pénurie criante de personnel. Nous, on est là, volontaires, disposés à travailler et voilà comment on nous traite, dit Tigran 29 ans, de nationalité arménienne. Au mieux, on nous emploie deux ou trois ans avec un statut précaire, payé au Smic et du jour au lendemain, on nous met dehors. C’est rabaissant, humiliant, vexant… et tout ce que vous voudrez ». Des lettres de recommandation de ses chefs de service, ce jeune chirurgien en a plein les tiroirs. «Je donne tout, je travaille sans compter, j’enchaîne les gardes, la nuit et le week-end… Sans aucune perspective. C’est comme s’il y avait un plafond au-dessus de ma tête qui m’empêchait de progresser», raconte-t-il dans un français impéccable. «Ce n'est pas un problème de compétences»Pour Larisa, médecin généraliste d’origine serbe (naturalisée française par mariage), le plus rageant c’est de voir les Roumains et les Bulgares, qui hier étaient dans la même situation qu’elle, se retrouver du jour au lendemain totalement libre d’exercer en France. «Tout ça parce que leur pays est entré dans l’Union européenne! Tout d’un coup, comme par magie, ils sont devenus des médecins compétents… Cela prouve bien que tout cela est politique», lâche-t-elle, la déception perceptible dans la voix. A 36 ans, elle ne travaille pas, faute d'avoir réussi «le fameux concours». Et d’ironiser: «Je crois qu’il ne me reste plus qu’à divorcer pour repartir en Serbie et enfin exercer mon métier!» Il y aurait 10.000 médecins en France qui auraient un diplôme étranger, selon l'Intersyndicale des praticiens à diplôme hors UE (Inpadhue). Son président Talal Annani: «Certains ont travaillé dix ou quinze ans dans des hôpitaux français avant d'être enfin inscrits au conseil de l'ordre des médecins. Ce n'est pas acceptable. On demande aujourd'hui un assouplissement de la procédure d'autorisation d'exercice. Il faut plus de places au concours.» La gorge nouée, Madjid enfile une blouse blanche. Pas la sienne mais celle de sa femme, chirurgien ophtalmologiste et sans emploi. «Je suis là pour elle, pour qu’elle puisse enfin travailler. Treize ans d’études, trois ans d’expérience à l’hôpital d’Alger, tout ça pour rien. Quand elle s’est adressée à l’ANPE, lors de notre arrivée en France en 2006, on lui a répondu : passez votre bac. Et on verra ensuite, pour une formation d’aide-soignante… On se donne encore deux ans. Si la situation ne se débloque pas, on partira. »
Le Mercredi 04 Mars 2009Poster un commentaire
Condition de nationalité des médecins: vers la fin d'une discriminationPARIS, 12 fév 2009 (AFP) - 12/02/2009 15h30
Des médecins à diplôme étranger (hors UE) manifestent devant l'Hôtel Matignon à Paris, le 28 décembre 2005
La suppression de la condition de nationalité pour exercer la médecine en France, votée mercredi par le Sénat, mettra fin à une discrimination, mais la mesure ne devrait avoir qu'un impact limité et a suscité des premières réactions plutôt réservées de la communauté médicale.
La proposition de loi, que devront examiner les députés, a supprimé cette restriction à l'accès de certaines professions libérales comme les médecins, qui ne concernait déjà plus les ressortissants de l'Union européenne. Les conditions de diplôme étant par ailleurs maintenues, ce sont donc les non-européens à diplôme français qui sont concernés.
La sénatrice à l'origine de la proposition de loi, Bariza Khiari (PS), s'est félicitée de la fin d'une restriction aux fondements "historiquement datés et connotés, économiquement obsolètes et moralement condamnables".
SOS-Racisme a salué jeudi "un pas en avant contre les discriminations légales", de même que France Terre d'Asile, pour qui le Sénat "fait figure de précurseur en France". Mais les deux associations ont également appelé à aller plus loin, citant notamment "les emplois fermés de la fonction publique".
La disposition est en effet limitée au secteur libéral et ne concerne pas la fonction publique hospitalière.
"On accueille favorablement cette mesure, mais c'est à l'hôpital que se pose le problème le plus urgent, celui de la reconnaissance pour des médecins, français ou étrangers, qui ont obtenu leur diplôme hors de l'Union européenne et qui n'ont pas le droit à des contrats pérennes", a expliqué Elisabeth Sow Dione, porte-parole de l'Inpadhue (médecins à diplôme étranger hors UE).
Pour ces médecins, qui sont plusieurs milliers à exercer dans les hôpitaux, dans des conditions à la légalité parfois douteuse, la disposition ne change rien. Ils demeurent soumis, pour accéder au plein exercice de leur métier à une procédure d'autorisation d'exercice (PAE), organisée tous les ans.
Par ailleurs, la disposition ne modifie pas les conditions de diplôme pour exercer la médecine (diplôme français ou de l'Union européenne, ou dans les autres cas, validation par le biais de la PAE). Elle ne change pas non plus les conditions d'entrée et de séjour des étrangers.
L'Ordre des médecins a indiqué à l'AFP "ne pas avoir d'objection". "Mais nous demandons que la mesure soit clarifiée et qu'on s'assure que le niveau de formation est exactement le même", a ajouté un porte-parole, André Deseur, s'inquiétant des cas de médecins étrangers ne faisant que compléter par un diplôme français "une formation de base insuffisante".
Le président du principal syndicat de libéraux (CSMF), Michel Chassang, a déploré "un contournement artificiel du numerus clausus", qui limite chaque année le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine, mais qui ne concerne pas les étudiants étrangers, soumis à des quotas différents, et qui seraient ainsi favorisés.
La CSMF s'est dite par ailleurs inquiète pour "les pays qui envoient leurs ressortissants étudier la médecine en France" et qui espérent les voir revenir l'exercer chez eux.
Le principal syndicat de médecins généralistes, MG-France, est lui plutôt favorable à la fin de la condition de nationalité. "Mais il ne faut surtout pas croire que ça va régler le problème du manque de généralistes dans certaines zones en France, ce ne sera qu'une goutte d'eau", a estimé son secrétaire général, Pascal Menguy.
© 2009 AFP
Le Vendredi 13 Février 2009Poster un commentaire
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